15 juil. 2016

Rendez-vous à mi-chemin entre Europe et Afrique














Rendez-vous à mi-chemin entre Europe et Afrique est un projet multiforme avec Mamadou Faye : guitare. Léo Brunet : Théorbe et Etienne Brunet : saxophones. Un projet lié à des concepts de land art mais avec la pluie nous avons été obligé de nous replier dans l'église. Un projet proposé par LE FESTIVAL DES ARTISTES EN CAMPAGNE Merci à Alain Métayer pour les photos
http://www.desartistesencampagne.fr

12 juil. 2016

Mai, Mai, Paris










Coup superbe de la répression à visage sympa. Pas un flic à l’horizon. « l’Orchestre Debout » acoustique contre une armada de « canons » sonos balançant des rythmes exotiques à fond la
caisse. Nous avons joué le premier mouvement de la cinquième de Beethoven. Les quatre coups du « Destin Debout » sonnaient quelque part entre le « Ludwig Van » de Mauricio Kagel et les orchestres
hollywoodiens des années cinquante. Pur théâtre musical. Lecteur, si tu connais l’oeuvre de John Cage, tu me comprendras plus facilement. Ensuite le choeur « des Bohémiens » de Verdi puis
exotique contre exotique deux arrangements ultra efficaces écrits par des musiciens « Debout ». On vote par Internet un choix de morceaux puis un volontaire « Debout » écrit en moins d’une semaine
l’arrangement pour une trentaine de parties d’instruments différentes. Orchestration pour l’ensemble des cordes (Pierre ou la présidente démocratiquement élue), les clarinettes (les chats), les flutes (les oiseaux) les hautbois (les canards), les bassons (le peuple en lutte), les cors et saxophones altos (le méchant loup dictateur), les grosses caisses et timbales (les chasseurs de flics). Il faut assurer pour écrire un arrangement de cette taille (comme on dit dans le jargon des musiciens). Tour de force discret mais réel. L’ultra symbolique « Mai, Mai, Paris » de Claude Nougaro et une
chanson contre la dictature des militaires brésiliens du siècle passé : « Apesar de Voce » de Chico Buarque. Cette expérience aura été fantastique. J’ai beaucoup appris et travaillé d’arrache pied la
semaine avant pour être à la hauteur de l’événement. Au moins la moitié des musiciens présents sont de très bons lecteurs de musique. Devant moi un jeune saxo alto déchiffrait et transposait à vue une partie de hautbois en double croche. L’autre moitié est composée de gens comme moi, un peu laborieux mais plein de bonne volonté. Sans « l’Orchestre Debout » je n’aurai jamais joué de ma vie avec un orchestre symphonique. C’est une chance inouïe et je remercie tout le monde. Je suis sourd d’une oreille. J’ai des acouphènes invalidants et même une tendance au glissement d’un demi-ton vers le bas de mon image mentale des notes. Avec cette maladie de l’oreille je n’ai pas vraiment le profil du musicien d’orchestre. (Photos Elsa Broclawski, Bibi et X)
Puis le 3 juillet concert sous la pluie. J'avais écrit avec Grégoire Letouvet l'arrangement de La Marseillaise avec les paroles de l'internationale.
https://youtu.be/386wAuOPHe8?list=LLU74El3PfOSq9onJSzer0sA

Une petite musique Debout






Sur Facebook, j’avais lancé l’appel « Ecoute Debout » pour le lundi #70 mars. Ici non plus, peu de gens ont répondu. « Ecoute la rumeur publique, le mouvement démocratique et les bruits de la rue. Viens avec tes instruments pour réfléchir pourquoi l’improvisation est si peu populaire alors que c’est une forme musicale très riche de possibilités. Viens pour jouer (de préférence dans un style minimaliste et déstructuré ou comme tu voudras) Pourquoi ne pas imaginer un gouvernement qui fonctionne comme une improvisation musicale ? La réalité est imprévisible. Flux. Reflux. » J’avais envoyé 650 invitations à mes amis virtuels dont un paquet d’improvisateurs vivant à Paris. Comment dire ? Il pleuvait. C’était sympa et très réussi. Je compte les participants sur les doigts d’une seule main : Christelle Raffaëlli et Jean Rochard du label Nato, le poète sonore Patrice Cazelles et la pianiste Ann Ballester. Nous avons causé de ce qu’est devenue l’improvisation en France : rien. Musique moribonde. Kapput. Finnish. Au revoir. Nous avons fusionné le projet « Ecoute Debout » avec le « Théâtre Debout » installé près de nous. J’ai improvisé avec Marie, Cécile et Patrice dont j’apprécie le travail. L’improvisation musicale en France est devenue un circuit isolé de bobos jaloux les uns des autres. Leur principale occupation est de glaner des subventions. Ils préfèrent jouer devant des salles vides pour une poignée d’auditeurs sectaires et élitistes. Ils sont nuls et ils se prennent pour des génies. Le lendemain je me suis décidé à rejoindre « l’Orchestre Debout » pour jouer leur répertoire classique. Ils savent s’amuser, intéresser un large public et contribuer à une vision positive de « Nuit Debout ». Un « Ami Facebook », ancien auteur d’un livre sur l’improvisation m’a même gratifié d’insultes. Je continuerai l’improvisation comme méthode de travail mais j’abandonne l’improvisation comme catégorie musicale et comme esthétique. C’est cramé, foutu, fini, perdu d’avance. A Berlin la « Free Music » est vivante. A paris elle est défunte. Le jazz est élitiste. Personne ne se présentera à « Ecoute Debout ». D’après un témoin un groupe de free jazz aurait joué un soir assez tard sur la place. Je n’étais pas toujours présent.


Mes amis les poètes de #PoésieDebout et les filles de #ThéatreDebout sont venus en force aujourd’hui. Ils sont une bonne douzaine dont Marie, Cécile, Patrice et Charles. Ils donnent à entendre une originalité incroyable au milieu de toutes ces paroles teintées de souffrances et formulées de manière classique. Ils éructent, crient,ahanent, déchirent les phrases, brisent les mots et les chargent d’un sens tout à fait subversif. Ils ne sont pas tous jeunes. Leur poésie sonore est décapante exprimée entre la commission grèvegénérale, la commission France-Afrique et l’Assemblée Générale. Globalement les militants et activistes cherchent un langage vrai de vrai pour exprimer la réalité et la changer. Les poètes sonores(dont mon ami Julien Blaine fut un pionnier) cassent le langage pour atteindre une sensation contemporaine d’éruption violente dans la réalité. Quelques jours après, le #86 mars Charles Pennequin et son « Armée Noire » débarquent sur la place. Une bande de casseurs de syntaxe. Jeunes poètes performeurs du non-sens en colonne attaquant un escadron de mots ordinaires. Un cirque avec ses cochons et cochonnes sans filet. Pennequin a mis une blouse bleue de l’Aérospatiale. Ingénieur des larmes sans lacrymogène. Il veut redistribuer la richesse de la langue française à tout le monde. Il attaque les verbes et casse les adjectifs dans ses manifestations poétiques.
Photos : Emmanuel Bueno






Sorti pour le #100 mars "Une petite musique Debout" texte lisible gratuitement :
http://www.etiennebru.net/une_petite_musique_debout.pdf

Le blog de Jean-Jacques Birgé
http://www.drame.org/blog/index.php?2016/06/11/3386-etienne-brunet-musique-debout

11 juil. 2016

Un coup de pinceau > une note de saxo









Entropie avec Stéphane Cattaneo Première performance au salon de l'auto-édition du Point Éphémère. Lui : Stéphane aux pinceaux. Moi : Etienne au saxo. Peinture et musique. Il peint. Je joue. La relation fonctionne bien, sans accroc. L'oeuvre avance toute seule sans obstacle comme si nous avions compris les règles de l'esthétique universelle et les lois de la kinesthésie absolue. Action Painting. Music Meeting. Les bonnes idées sont d'une simplicité extravagantes : un coup de pinceau déclenche une note de saxophone. Le phénomène fonctionne comme pris en charge par des sortes d'anges virtuels. Le musicien suit le pinceau du peintre comme si c'était une baguette de chef d'orchestre. Chaque trait devient une indication graphique et rythmique d'une partition de musique. Une spirale devient une giclée de notes. Les trois branches d'une petite étoile prennent l'apparence d'un triolet en place sur la main traçante. Une ligne brisée entraine une syncope. Un changement de couleur entraine un changement d'armure. Une absence de trait devient une pause variable, une attente un silence. Notre système marche dans les deux sens graphique et sonore. Soit le peintre trace la musique. Soit le musicien joue la peinture. En général une dialectique des deux sens méthodiques s'effectue en douceur. Ensuite l'artiste abandonne sa peinture à l'endroit où elle fût réalisée comme le musicien abandonne ses notes à l'espace ou elle fût jouée hormis quelques captations sauvages sur des portables stockant leur contenu pour l'éternité numérique et caméras de surveillance en déshérence. En aparté : le « sound painting » dont le nom laisse supposer une familiarité avec notre performance n'a rien à voir avec notre activité. Il est un système de signes et de codes pour composer en direct une musique.
Deuxième performance avec Stéphane : fermeture définitive de la librairie « Entropie » Boulevard Voltaire. Le public lit de moins en moins et n'achète plus de livres d'occasion, même pas des livres rares. Les gens font tous glisser des menus déroulants, photos, vidéos et textes en petits caractères illisibles. Myopie militante. Entropie désirée. A la nuit tombée, une grande feuille de papier vierge recouvre la vitrine du libraire. Des sortes de chandelles électrique projettent une lumière blafarde de tablette magique. Translucide. L’apparence des artistes mute en ombres chinoises. Lumière tendue comparable au silence strié des bruits du boulevard et de la circulation des voitures. Pinceau et saxo se déclenchent à 20h10. L'action painting durera 13 minutes. Le tempo est rapide, tendu, nerveux comme pressé par la fin d'un monde, celui du papier imprimé. L'univers est conquis par les écrans plats et extra-terrestres, tablettes, mots-clé multivibrateurs. Planète des singes en capture, signes, pixels...
Une foule est présente dans l'ombre du boulevard. Une fois la musique-peinture achevée on sort le pain, le pinard et le fromage. Le libraire braye joyeusement des chansons réalistes d'un monde disparu. Je parle pendant une demi-heure à une jeune fille, puis elle se tire rejoindre ses copines sans me saluer. Nous sommes à un jet de pierre du Bataclan et de mille activités non écrite : sushi pour chiens, jurassique ping pong club etc. Finalement, je demande au libraire de m'offrir un livre. Je choisi l'édition mythique « De la misère en milieu étudiant » chez « Champ Libre » J'en possède déjà la première édition en brochure de 1967. Couverture orange. J'aurai dû demander s'ils n'avaient pas planqué dans un coin « Suicide mode d’emploi ». L’un des co-auteurs était là ! Je ne le savais pas ! Son livre est utile pour fuir une éventuelle maladie incurable à l'aube de la vieillesse. « Viva la Muerte ! » Non à la mort lente. Vive la vie. Tous ces gens de l’ancien monde sont présents. Ils continuent d'exister juste avant la pluie et la tempête sur Paris.
Première photo : Stéphane Cattaneo, troisième photo : Agnès Aubagne lit un texte de Parigot au Point Ephémère


8 juil. 2016

« Orchestre Debout » avril mai place de la République








« Orchestre Debout » Session 3 dimanche #76 mars. J’ai levé, avec des centaines d’autres instrumentistes, mon saxo haut dans le ciel en guise de salut. Un peu comme lever le poing avec un saxo dans la main. C’était si fort que je ne sais plus quoi écrire. J’étais ému. Quand je crèverai, je me souviendrai avoir joué dans un orchestre symphonique : « l’Orchestre Debout ». Concert l’après-midi. Cette sensation était formidable : jouer le « Boléro » de Ravel à 350 musiciens et choristes (pour le « Choeurs des Esclaves » de Verdi et « Bella Ciao » arrangé par un type de l’orchestre). Sensation enthousiasmante. Puissance tranquille. Beauté de la chose collective. Chacun amène sa sonorité, chacun joue sa partie écrite 75 ans auparavant par le compositeur. Rien ne manque tout est indispensable de l’extrême grave à l’extrême aigu. Deux thèmes de 18 mesures se répètent et s’enchevêtrent pendant plus d’un quart d’heure, soutenus par une boucle de caisse-claire obsédante. La musique symphonique est le contraire de l’individualisme forcené des improvisateurs. Jouer le « Boléro » est un vieux rêve que je me croyais incapable de réaliser. Ce fut possible grâce à l’amour de la musique des artistes de « l’Orchestre Debout ». La partition de Ravel comprend une partie pour saxo ténor, une pour saxo soprano et même une pour saxo sopranino, instrument rarissime. (Le choix des oeuvres fut voté par internet sur une page de sondage, de fait il ouvrait l’orchestre aux anches). Une quarantaine de saxophonistes sont venus. Le « Boléro » est assez périlleux à interpréter. Dès le début de l’oeuvre, les notes de la phrase sont dans la tessiture de l’extrême aigu de l’instrument. J’avais travaillé dur pendant quatre jour pour apprendre correctement ma partie... (Photos Hervé Rey)

7 juil. 2016

Sound Painting




Sound Painting avec Walter Thomson et François Jeanneau. Atelier de 3 jours en janvier 2016. Le soundpainting est un langage gestuel de création artistique multidisciplinaire en temps réel, élaboré par Walter Thompson en 1974 à Woodstock, New York. Il est destiné à des musiciens, des danseurs, acteurs et plasticiens. En évolution constante, ce langage comporte plus de 1 200 signes de la main et corporels qui désignent différents types de matériaux artistiques spécifiques aux exécutants. Pendant une performance, le soundpainter fait un ensemble de signes aux exécutants et utilise les réponses de ceux-ci pour développer et donner forme à sa composition. Cette composition en temps réel résulte ainsi de l'interaction entre les improvisations des exécutants et celle du soundpainter. (Wikipédia)

6 juil. 2016

Sortie du livre PARIGOT (attentats du vendredi 13)





Début mars sortie de mon livre PARIGOT sur les tragiques attentats de novembre. Les 2 premières photos : j'avais joué la semaine d'après "I Love Paris" à la "Barricade de Belleville" et place de la République le dimanche matin au début de l'état d'urgence juste avant la charge des flics et avant "Nuit Debout" qui commencera le 30 mars. Les autres photos Nuit Debout et mémorial prises juste après l'attentat entre le Bataclan et la place de la République
 http://www.etiennebru.net/parigot_le_livre.html
Je m’empresse de poster sur Facebook la photo de Kiki la Cookie. N’ayez pas peur. Vous n’avez rien à craindre. Pourquoi pleurez-vous ici toute seule ? Profil : Parigot. Je tape d’un doigt sur mon smartphone :« l’ange de la mort galope sur Paris ». Plus à l’aise avec mon saxophone. Je suis à la dérive entre les attentats de Charlie, Hyper Cacher et ceux de Bruxelles, du Bataclan et alentour. Les textes et musiques de ce recueil ont été écrits entre ces deux moments. Les Parisiens ont changé depuis ces malheurs. Ils sont plus aimables. Le rodéo de l’ange de la mort m’a fait l’effet inverse de celui escompté par les terroristes. Paris est une ville de merde mais je l’aime toujours.
Première photo : Colin Bouvry, avant-dernière photo : Souffle Continu.
Le blog de Jean-Jacques Birgé : http://www.drame.org/blog/index.php?2016/04